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Intervention au colloque du MCC

(Mouvement Chétien des Cadres )

du 17 janvier 2009, à Rennes

 

Synthèse des visites d'entreprises : quelques réflexions


Merci aux initiateurs de ces visites ; merci aux entreprises et à la qualité de l'accueil qu'elles nous ont réservé. Je vous propose quatre regards sur ces visites :

1)  Lors de ces visites d'entreprises, nous avons constaté des diminutions d'activités, des pertes d'effectifs, des incertitudes sur les plans de charge. Ce sont des conséquences de ce néo-libéralisme qui nous fait croire que « la somme des intérêts individuels correspond à l'intérêt général ». Je tiens à dénoncer cette gigantesque escroquerie qui  profite à quelques uns et appauvrit des millions d'autres. J’enrage contre ceux qui ont cassé l'économie réelle et provoqué la plus grande catastrophe sociale depuis 60 ans.

2)  Je suis toujours frappé par l'écart entre les représentations plutôt pessimistes des entreprises véhiculées par les grands médias et le réel que ces visites nous apportent. Dans ces entreprises visitées, j'ai rencontré des professionnels passionnés, généreux et plutôt heureux dans leur travail. Ceci est corroboré par la Fondation européenne pour l'amélioration des conditions de vie et de travail, dans une enquête menée en 2005, auprès de 30.000 travailleurs dans 31 pays. 80% des salariés sont satisfaits. Les mieux-disants, en cette matière, se trouvent dans les pays scandinaves.

3) Nous avons rencontré partout le vieillissement de notre société : chez les clients, les patients, les salariés, les dirigeants, ..... Problèmes de pyramide des âges des salariés, de prise en charge des personnes âgées, des retraites des handicapés, de l'écart d'âge grandissant entre les enseignants et leurs élèves, .....  Mesurons-nous toutes les conséquences de ce vieillissement ?

4)  Et les jeunes dans tout cela ?

-  Nous sommes sensibilisés aux handicaps physiques et mentaux. Nous le sommes moins par les déficiences sociales, relationnelles, affectives. Nous ne savons pas comment les prendre en compte. Elles sont plus diffuses et si proches à la fois ! Les formes de handicaps se transforment en même temps qu’évolue notre société.

- Nous avons entendu que les jeunes, en lycée professionnel, avaient des comportements nouveaux. Hervé Syriex, qui a étudié les jeunes en entreprises, nous dit : « Si vous croyez que les jeunes d'aujourd'hui, c'est vous en plus jeune, vous vous trompez ».

- Et que nous disent ces jeunes ?  « Que le travail n'est pas une vertu ! » Nous sommes ébranlés par une telle affirmation, nous qui consacrons tant de temps et d'énergie à notre vie professionnelle. Pour eux, « le travail n'est pas une valeur en soi ». Et le philosophe André Comte-Sponville leur donne raison !  « Le travail n'est un salut que pour les égarés ; une thérapie, que pour les fous. Pour les autres, il est ce qu'il doit être : une contrainte, une nécessité, presque toujours, et une passion, parfois, pour ceux qui aiment leur métier. Ceux-là ont beaucoup de chance, qui transforment le travail en bonheur. Qu'ils n'oublient pas, toutefois, que c'est l'amour qui les sauve, non le travail. »  (André Comte-Sponville, Sylvie Thybert, La vie humaine, Hermann, mars 2005.)

 

  « Le travail, vers quelle humanité ?

Chez nous, des signes d'espérance. »


Vous m'avez invité comme « grand témoin »; c'est un honneur et une responsabilité car cette fonction offre une totale  liberté d'expression.   Partons du titre de ce colloque :

« Le travail, vers quelle humanité ? Chez nous, des signes d'espérance. »

Au cours de ces deux dernières semaines, vous avez mené une exploration du monde du travail en prenant en compte des usines, des bureaux, un Centre d'Aide par le Travail, un lycée, ..... Vos comptes rendus font bien apparaître des signes d'espérance.

Bien sûr, ces signes d'espérance sont en eux-mêmes des traces d'humanité dans un monde parfois inhumain ! Mais vous auriez pu titrer simplement votre discussion: « le travail : chez nous, des signes d'espérance » Je reste intrigué par l'item : « vers quelle humanité ? »

Cette question  : « vers quelle humanité ? » m'est apparue comme un doute, une suspicion, une intrigue, de ces mots que l'on ajoute pour enrichir une formule et qui brusquement deviennent majeurs et éclairent d'un jour nouveau tout le reste. De quelle humanité parlons-nous ? Que mettons nous derrière ce mot ? En avons nous une définition commune ? Avons-nous la même représentation de ce qu'est l'humain, l'humanité en chacun de nous ? Ce mot « humanité » n'a-t-il pas perdu de sa consistance ? Pressentons-nous qu'il est en plein bouleversement ? Alors creusons ensemble cette question : « vers quelle humanité? »

Dans un premier temps,      j'explorerai,  à grands traits, l'histoire de ce concept

Dans un deuxième temps,    nous tenterons de le définir pour aujourd'hui.

Dans un troisième temps,    nous essaierons de faire agir cette « humanité »-là.

1) Une rapide histoire de ce concept d'humanité :

Comme le propose Alvin Toffler, nous pouvons découper l'histoire de l'Occident en plusieurs ères. Il y eu l'ère de la cueillette.

Puis vint, vers 8000 ans avant Jésus, l'ère agricole. Ses principales caractéristiques sont l'écriture, le monothéisme, le capital terre, la tradition, ..... La naissance détermine le statut social. Les évolutions des sociétés sont lentes. Le temps est celui du ciel, c'est à dire celui du climat et celui de Dieu. La religion, le pouvoir, la justice, les arts, ....  Tout est en un, dans les mains du divin.

Dans ces deux premières ères, l'humanité, comme nous l'entendons aujourd'hui, n'existe pas. Au cours de l'antiquité grecque, Aristote l'a définit; mais cela sera pris en compte plus tard par l'Occident.

Puis vint la renaissance, la réforme, le siècle des lumières, ... d'où émergea l'ère industrielle.  Cette ère se caractérise par les énergies fossiles, des espaces restructurés, la foi dans le progrès, la primauté de la science et des techniques, l'avènement des démocraties, la conquête des colonies, une espérance de vie qui progresse, les droits de l'homme, ... Son capital est le savoir. Son temps est le chronos, l'horaire, celui de la synchronisation. L'industrialisation l'exige ainsi que l'ordre, la concentration et la spécialisation qui apportent les économies d'échelle. Notre imagerie collective évoquera là : les manufactures et les mines, l'orchestre symphonique et son chef, les mouvements ouvriers.

Au cours de cette ère industrielle, le principe d'humanité apparaît, puis il est l'objet de grands débats :

- S'affranchir progressivement du divin exige une conception de l'humain comme un être digne et libre. L'humain n'est pas déterminé comme les plantes et les animaux. Par ses pensées et ses actes, il peut s'abaisser au rang d'animal ou bien s'élever vers un haut niveau de conscience et de sagesse. Tel est le message de Pic de la Mirandole, père de l'humanisme de la renaissance.

- Au XIXème siècle, l'humanité va prendre une forme composite; elle sera matérialiste et déterministe : l'humain est une structure moléculaire. Mais l'humanité sera aussi une dynamique de progrès, porteuse de liberté et d'évolution.

A la fin du XXème et au début du XXIème siècle, nous participons à la décomposition de l'ère industrielle. Croyons nous encore à l'automaticité du progrès ? La science nous fait-elle encore rêver ? Que signifie cette crise profonde de l'autorité et des institutions ? Comment donner du sens à cet espace-temps fracturé que nous habitons ? Comment maîtriser cette déferlante des droits, de l'individualisation, de l'émotionnel qui nous submerge ? Comment interpréter toutes ces crises : énergétiques, alimentaires, migratoires, écologiques, financières, économiques, sociales, bioéthiques ?

Est-il possible de définir quelques traits de l'ère nouvelle ? Je le crois. Le capital d'aujourd'hui est le « vouloir ». L'énergie essentielle est l'intelligence collective. Nous entrons dans « l'ère de l'intelligence » ou l'ère de la communication si nous donnons à ce mot son sens étymologique de  « mettre en commun ». La matière première d'aujourd'hui est la matière grise, dans son acceptation globale d'intellect, de sensibilité, d'affectivité. La construction européenne, la gouvernance mondiale, le développement soutenable, le G20, .... sont des novations positives.  Nous sommes des mutants.

Mais il y a un envers à cette médaille que nous devons regarder lucidement. Quels sont les éléments qui menacent notre humanité ? Il y en a deux qui concernent directement notre débat de ce jour.

-  Il y a le « système technique » qui mène le monde : le « je peux » l'emporte sur le « je veux » ou le « je dois »! Dans combien de circonstances, l'humain est-il asservi à la machine  et au système ?

-  Il y a l'industrie médiatique : ce que « je vois » est la vérité. La durée ne dure  qu'une nanoseconde ! Cette industrie atteint notre psychisme; elle nous formate pour être consommateur et non citoyen. Cette industrie cherche à nous isoler en détruisant les corps intermédiaires, les idéologies et les repères.

Dans ce contexte, quelle définition donner de notre humanité ?

2) Une définition de « l'humanité » pour aujourd’hui :

Jean-Claude Guillebaud a longuement réfléchi à cette question. Je m’inspire totalement de ses travaux.

Premièrement, l'humanité se définit par l'appropriation de l'interdit et des limites. C'est un combat contre la violence qui est en chacun de nous. L'humain est le seul animal capable de se dire non à lui-même. Il ne s'agit pas de nature, mais de culture. En cela, rien ne peut rabaisser l'humain à un animal, une chose, une matière, un hasard.

Deuxièmement, revenons aux sources de la Renaissance. Comment expliquer que l'Europe, si en retard à cette époque, ait pu devenir le leader incontesté de la planète durant 4 siècles ? Les chinois avaient inventé la poudre et l'imprimerie, les arabes l'algèbre, etc., ... Et brusquement l'Europe s'impose par ces arts et ses lettres, ces techniques, ses religions et ses armes,..... Au XVI ème siècle, une alchimie mêlant le judaïsme, les classiques antiques et la chrétienté crée la culture favorable au développement de l'Europe. Les deux piliers de l'Occident, issus de cette alchimie, sont d'une part la philosophie de tradition grecque, cette capacité d'autocritique, d'interrogation de soi-même et d'autre part un « en avant », un futur de tradition judéo-chrétienne.  Nourrissons cet « esprit critique » et cet « en avant » !

Troisièmement, Jean-Claude Guillebaud nous propose une modernité de cette humanité par l'acceptation de la diversité des points de vue et des apports. C'est cela le métissage culturel proposé dans son dernier livre : «Le commencement d'un monde». Les occidentaux ont adopté et diffusé des idéaux irremplaçables sur la planète : la dignité, la liberté, l'égalité, la fraternité, le contrat social, la démocratie, les droits de l'homme, .....Mais combien de fois ces discours se sont-ils fracassés contre nos actes ? Nous avons trahi nos idéaux. Au nom de quoi pourrons-nous imposer nos vues ? Les cartes sont de plus en plus rebattues au niveau mondial et les pays émergents ne rateront pas les prochaines occasions de le dire.

Dans ces pays émergents, des penseurs réclament un droit d'inventaire; ils veulent faire fructifier les valeurs de l'Occident qu'ils considèrent comme universelles.  Ils se donnent aussi le droit de les interpréter à leur manière. Nous en trouvons une illustration dans la charte africaine des droits de l'homme et des peuples du 27 juin 1981. Elle insiste sur le devoir attaché à chaque droit. Exemple, l'article 24 : « L'individu a le devoir de préserver et de renforcer la solidarité sociale et nationale. »

Ainsi donc, nous devons faire un inventaire de nos idéaux; nous devons reconnaître les apports éminents des Lumières mais aussi leurs  limites : pour Jean-Claude Guillebaud,  « Ils ont trop nié la dimension tragique et irrationnelle de la condition humaine. ». Pour Régis Debray, « le siècle des lumières est passé à coté des trois points névralgiques où se joue le destin du XXIème siècle : la croyance, l'appartenance et la violence. » 

Quatrièmement et en définitive, pour Jean-Claude Guillebaud, l'humanité de l'humain n'est pas un constat vérifiable ; elle n'est pas le résultat d'une recherche ; « l'humanité n'est pas héréditaire » comme le dit Marie Balmary. Non, l'humanité est un projet. Il est de bon ton parfois de se laisser aller au désenchantement et à l'indifférence qui seraient les gages d'un monde pacifié. Moins de croyances, moins de convictions, moins de valeurs feraient moins de violence. Sottise. La violence est attisée par l'affaiblissement des croyances partagées. Le principe d'humanité a pour caractéristique d'être un choix; «on traite l'homme selon l'idée que l'on s'en fait » (Peter Kemp). Le principe d'humanité nous renvoie à une responsabilité; il existe parce que nous voulons qu'il en soit ainsi.

Non je n'ai pas perdu de vue notre thème du jour; je l'ai simplement retourné. Ce n'est pas le travail qui m'amène à évoquer le principe d'humanité; c'est le principe vital d'humanité qui me fait entrevoir le formidable travail à accomplir.

3) Pour un «principe d'humanité» agissant :     «Penser globalement, agir localement»  Jacques Ellul

Promouvoir la dignité et la liberté de chaque humain, développer l'esprit critique,  favoriser des projets collectifs, partager les points de vue et les apports d'autres cultures, assumer cette volonté d'humanité exige des bouleversements dans nos façons de penser et dans notre conception de l'humain.

Un exemple du bouleversement de nos modes de pensée: vous pensez mondialisation ou  globalisation ?

Nous nous disons ébranlés par la mondialisation. Elle est diabolisée ! Le père de la mondialisation est Christophe Colomb. Depuis 1492, l'Occident a colonisé la planète. Pendant 5 siècles, cette mondialisation nous a été outrageusement favorable. Depuis quelques années, avec la montée des pays émergents, les termes des échanges nous sont parfois défavorables : prix des matières premières, coûts de production, fonds souverains, .... Je reste persuadé que globalement, la mondialisation est une bonne chose.

A mes yeux, le bouleversement le plus important n'est pas la mondialisation mais la « globalisation ». Dans l'ère industrielle, nous avons découpé le vivant, l'humain, la société en fines tranches. Ce fut formidablement efficace. Mais cela ne marche plus. Nous devons maintenant prendre en compte les limites de la nature, celles des ressources naturelles, celles des humains, ...... Il nous faut intégrer, coordonner, réguler le technique, l'économique, l'écologique, le social  et l'éthique  pour un développement soutenable. Cette mutation est  vertigineuse. Nos façons d'analyser, de penser, d'anticiper, de décider, de réguler, de produire, de consommer sont remises en cause. Nous voilà durablement installés dans la complexité croissante annoncée par Pierre Teilhard de Chardin et Edgar Morin.

Plus profondément encore, ce changement de paradigme bouleverse notre conception de l'humain. Au plus profond de nous-mêmes, notre façon de nous représenter un être humain va orienter nos comportements, nos regards, nos décisions et nos actes. Notre culture, notre éducation, nos expériences de vie, nos diverses filiations façonnent cette représentation de notre prochain. Comme m'a dit mon opticien :  « Vous ne voyez pas avec vos yeux mais avec votre cerveau » Et nos cerveaux sont quelque peu chahutés ces temps-ci !

Notre conception de l’humain doit intégrer toutes les dimensions de la personne : le rationnel et l’irrationnel, le conscient et l’inconscient, l’inné et le culturel, la part de l’ange et celle du démon, le corps, l'esprit et l'âme, sa capacité de don et sa violence, ses filiations diverses et ses potentiels, son désir de créer, ses sensibilités, son affectivité, sa spiritualité, ses appartenances, ses croyances, … Cette approche multiple et globale de la personne peut aider chacun de nous à développer sa propre conscience et sa capacité à entrer en dialogue avec les autres. La complexité est là, en nous et autour de nous ; sans oublier qu'une part d’inconnu et de mystère restera toujours présente dans notre approche de l’humain et du vivant.

Je rejoins là le message de l'encyclique « Populorum progressio », de 1967, inspiré en partie par le Père Lebret.  C’est « un appel solennel à une action concertée pour le développement intégral de l’humain et le développement solidaire de l’humanité » ; « promouvoir tout les humains et tout l’humain » ; Cela n'a pas pris une ride si l'on précise qu'il ne peut être question ici que d'un « développement soutenable »tel qu'il fut défini, 20 ans plus tard, en 1987, à l'ONU.

Nous devrions nous entendre assez facilement sur ces idées générales et généreuses.

Plus difficile sera notre entente sur leur mise en œuvre. Je pressens que notre logiciel culturel en France, nos organisations et nos modes de relation traditionnels, qui ont été des atouts dans l'ère industrielle, ne sont plus adaptés à la nouvelle ère. Par cette clef de lecture, je vois une France qui est confrontée à ce qui se passe sur la planète et qui s'y adapte. Je vois aussi une autre France qui est protégée et qui se replie sur elle-même. Or nous sommes dans le même bateau.

-  Ce principe d'humanité remet en cause nos systèmes d'autorité. Cela dure depuis 40 ans et ce sera encore l'objet de crises  à venir. Nos façons d'être avec les autres doivent évoluer, nous devons agir de façon plus collégiale, plus démocratique,... Nous devons davantage nous décentrer, nous écouter. Nous devons accepter le conflit et apprendre à le dépasser, à en sortir par le haut, comme disent les alpinistes.

- Ce principe d'humanité nous oblige à accroître notre sens du collectif. L'être humain est un être social. Emmanuel Mounier disait : « l'être est un nœud de relations ». Todorov ajoute «: « la relation précède l'existence. » L'intelligence collective sera le moteur de nos sociétés. Débattre, trouver des compromis, inventer des “vivre ensemble” qui respectent la nature, la personne humaine et les groupes sociaux sont des défis majeurs. La primauté du politique démocratique est à rétablir.

-  Ce principe d'humanité oriente nos choix éducatifs pour nos enfants.  Les jeunes sont déjà dans le nouveau monde. L'école ne leur apportera que partiellement ce qui m'apparaît comme l'essentiel. Cet essentiel s'appelle l'initiative, l'esprit d'équipe, le caractère, la capacité d'adaptation et d'entraînement, la créativité, l'estime de soi, donner du sens, aimer, .... Cela s'acquiert en le vivant dans la famille, l'engagement, des rencontres, des projets, la vie associative, ....

- Ce principe d'humanité est un choix de mode de vie; nous choisissons nos consommations, nos loisirs, nos placements financiers, ... Nous avons beaucoup plus de marges de manœuvre que nous ne le croyons en général. Soyons acteur et non simple consommateur !

- Ce principe d'humanité doit orienter nos sources d'information. Allons voir les innovateurs, les silencieux, les humbles qui transforment nos sociétés. Gandhi disait : « un arbre qui tombe fait beaucoup de bruit, une forêt qui pousse ne fait pas de bruit ». Découvrez ces deux jeunes de moins de 30 ans, Sylvain Darnil et Mathieu Le Roux, qui ont fait le tour du monde pour nous rapporter des portraits de ces pionniers du nouveau monde qui agissent et qui réussissent. Allons voir les « reporters d'espoirs » sur leur site Internet et voyez comme ils mettent en lumière des solutions et non des cauchemars, des bonnes nouvelles et non le défaitisme, ....  Chaque être humain est en devenir, nos sociétés sont à construire.

- Ce principe d'humanité réhabilite les croyances. Facilitons les lieux et les temps pour nous confronter aux mystères de l'univers, de la vie et de l'humanité. Pour ceux qui ont une foi, soyons des agents de paix ; pour les chrétiens, cheminons avec Jésus. Comme le dit Jean-Claude Guillebaud, diffusons « la pertinence bouleversante » des évangiles. Et lorsque nous sommes quelque peu découragés, rappelons nous la Pentecôte : les disciples parlaient et chacun les comprenait dans sa langue maternelle !   Dieu est en chaque être humain.

Notre culture dominante nous entraîne assez peu vers la prospective, le sens de l'équipe, le dialogue, la confiance et la joie. C'est là le travail, l'accouchement essentiel. C'est là que se situe mon espérance, car dans cette seule acceptation, le travail est une valeur; ici, il n'est pas monnayable et il valorise notre humanité.

Nous vivons un changement de civilisation ; notre humanité est face à des risques et à des opportunités aussi incommensurables les uns que les autres. C’est cela une crise. En japonais, l’idéogramme de crise s’écrit en superposant celui de menace et celui d’opportunité. En vieux grec, la crise, c’est le choix du chemin dans le montagne. Pour que 9 milliards d'humains puissent vivre humainement en 2050, nous avons devant nous un travail colossal. Travail en nous, dans nos familles, dans nos quartiers, dans nos entreprises, ..... Finalement, je ne vous propose que cette inlassable exploration de l'humanité en chaque être humain et en  nous-mêmes ; car il faut une vigoureuse conception de l'humanité pour vivre humainement.                    «On traite l'homme selon l'idée que l'on s'en fait »

Joie et espérance pour chacun d'entre vous.